(cf. revue Gallia n° 55 pour les passages en italique, E. Mourey pour les
autres)
C'est sous l'impulsion
de François Mitterrand que fut mis en place sur le site un programme de recherche
doté de moyens exceptionnels dégagés par l'Etat dans le cadre de sa politique
des grands travaux (p. 5). L'opération archéologique, unique en son genre,
avait pour objectif de mieux comprendre les modalités de l'évolution de la
société gauloise de la fin de l'âge de fer (p. 5)... sur ce lieu supposé
être Bibracte.
En ce qui me concerne, je raisonne en situant Bibracte, non pas au mont Beuvray
mais au Mont-Saint-Vincent. Pour moi, le mont Beuvray est le site de Gorgobina
que mentionne César dans ses Commentaires. Il s'agit d'un site stratégique
dont le sol ne peut que nous révéler les tribulations d'un site stratégique
de cette époque et, en aucun cas, l'évolution normale d'une grande cité
gauloise. En effet, le développement d'une ville à cet endroit... défie
apparemment toute logique (p. 9).
A des textes historiques précis et importants correspondent des vestiges
archéologiques tangibles (p. 10).
L'occupation
maximale du site apparaît donc bien se situer au Ier siècle avant J.C. (p.
13). C'est en effet de 60 à 58 avant J.C. qu'Arioviste
s'installe au mont Beuvray avec 15 000 mercenaires, au service des Arvernes,
pour s'opposer aux Eduens, ce qui explique probablement la première grande
enceinte. Après la défaite des Germains, c'est César qui y installe les Boïens
en nombre plus important, d'où probablement la deuxième enceinte.
Les datations isotopiques et dendrochronologiques nous
suggèrent (pour la terrasse) une date de fondation remontant au IIIème siècle
avant J.C. (p. 31). Il est en effet logique que les premiers occupants
se soient installés, pour commencer, sur la partie la plus haute de ce site
stratégique. Si on suit Strabon, on peut supposer qu'il s'agissait d'une
garnison arverne.
On peut apprécier divers degrés d'évolution de l'architecture,
de l'habitat ... (p. 34). L'étude
du bâti peut nous permettre en effet
de comprendre
-au début, le dénuement d'une troupe de
mercenaires, puis d'une peuplade en migration, qui doivent s'installer
dans de très courts délais en cantonnement militaire, voire spartiate,
sur un site pratiquement isolé du reste du
monde;
-ensuite, son évolution vers un mieux-être et vers un essai de
capitale;
-enfin, son départ vers des lieux moins rudes.
La nécropole de la Croix du Rebout... éléments de parure,
type Nauheim (p. 48) -> Germains ou Boïens?... omniprésence d'individus
jeunes (p. 48) -> jeunes soldats?
inscription
DONNIKKA (p. 49) -> ravitaillement d'Arioviste par lesMandubiens
ou les Séquanes? ... absence de monnaies éduennes en or ou en électrum (p.
50) -> normal puisque nous sommes à Gorgobina et non à Bibracte
... faible représentation de la province romaine de Transalpine (p. 51)
-> idem.
Décors de cervidés mystiques
à la ramure en lyre (p. 69) -> origine forézienne? (les animaux associés
à la lyre semblent être des symboles particuliers à la culture de la Loire)...
Décors de pastillage, type Bâle ou Manching (p. 70) -> origine
germaine ou boïenne?... absence de relation entre... Morvan et les Eduens
de la vallée de la Saône (p. 72) -> normal puisque nous sommes à Gorgobina
et non à Bibracte (la culture de la Loire n'est pas celle de la Saône)
. Céramiques à vernis noir (p. 73) -> origine arverne? (cf. mon "Histoire
de Gergovie").
Simpula type
Gaule du centre (p. 76) -> origine arverne? Passoires type
Manching et Stradonice (p. 76) -> origine germaine ou boïenne?
Situles type situles de nécropoles germaniques (p. 78) ->
origine germaine?
de type italique ->
ravitaillement romain? de type étrusque -> ravitaillement arverne?
(cf. mon "Histoire de Gergovie").
Le faciès culturel du mont
Beuvray est très original, même vis-à-vis d'autres sites éduens... (p. 84)
-> C'est ce que je dis et écris depuis de nombreuses années. Il s'agit
d'un site stratégique, bien particulier, qui ne peut, en aucun cas, nous
donner une image cohérente de l'évolution de la société gauloise à la fin
de l'âge du fer.
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