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Lorsqu'en 1947,
un berger bédouin de la tribu de Ta'amireh découvrit dans une grotte de Wadi
Qumran les fameux manuscrits de la mer Morte, ce fut un coup de tonnerre dans
le monde judéo-chrétien. Et en effet, c'était une importante découverte, d'une
part parce que les textes de l'Ancien Testament se trouvaient vérifiés d'une
façon éclatante par des documents d'époque antique, et parce que d'autre part,
on crut un instant que les Esséniens avaient déjà porté sur leurs rouleaux ce
que le Christ allait révéler plus tard.
Cinquante ans se sont écoulés
depuis, cinquante ans d'interrogations, de lenteurs plus ou moins bien
justifiées et parfois de polémiques. Aujourd'hui, au moment où les médias
parlent encore de mystère ou d'énigme, toutes les cartes sont pourtant sur la
table, tout peut s'expliquer. Aura-t-on le courage d'assumer les conséquences
de nos découvertes?
Que l'on rende tout d'abord
hommage à la mémoire des érudits qui, tel M. André Dupont-Sommer, ont consacré
une partie de leur vie à reconstituer et à déchiffrer ces textes d'un autre
âge.
Pour retrouver la clef de
l'énigme, deux chemins s'offraient aux chercheurs. Il y avait le travail de
plus en plus fouillé sur les textes eux-mêmes. C'est ce chemin que le
professeur Robert Eisenman a amené pratiquement à son terme en montrant d'une
façon irréfutable les points de convergence entre le christianisme naissant et
certains manuscrits. Mais il y avait aussi un autre chemin: celui qui consiste
à remonter l'histoire de notre pensée chrétienne jusqu'à sa source messianique,
c'est-à-dire jusqu'au prophète Isaïe, mais en s'attardant particulièrement à la
période charnière d'avant et d'après J. C.. C'est ce chemin que j'ai suivi. Or,
ce chemin passait par le site de Bibracte.
Il faut le reconnaître
franchement - et cela devant l'opinion publique - c'est un scandale
archéologique européen d'avoir placé au Mont Beuvray, dans les forêts du
Morvan, le site de la prestigieuse capitale des Gaules: Bibracte. En faisant du
Mont Beuvray la référence du monde celtique, c'est toute notre histoire antique
qui s'en est trouvé faussée. Mais en plaçant Bibracte au Mont-Saint-Vincent, au
centre de la Bourgogne du Sud, notre Histoire retrouve une logique implacable. Les
fresques du temple de Gourdon, les splendides cathédrales ou basiliques d'Autun
et de Vézelay - sur lesquelles nos contemporains se sont complètement fourvoyés
- nous révèlent ce judaïsme messianique qui est venu féconder la Gaule au début
de notre ère, ainsi que son langage "essénien". Et dans le plus
important chapiteau de son vieux temple, la ville judaïque de Chalon-sur-Saône
nous montre le messie du ciel annoncé par les textes qumraniques.
Alors, voici que les évangiles
s'éclairent, s'expliquent, et que la raison peut se remarier enfin avec la foi.
Il est vrai que le problème
n'était pas simple. Pour l'expliquer, qu'on ne s'étonne s'il m'a fallu plus de
dix ans et écrire sept volumes.
Non! Jésus de Nazareth n'est pas
venu sur terre comme l'affirment avec de plus en plus de certitudes nombre de
publications qui fleurissent sur les rayons des libraires. Le Christ est né
dans l'évolution d'une idée d'espérance, une idée qui a porté ses fruits mais
qu'il faut aujourd'hui comprendre dans sa vérité si on ne veut pas voir notre
Église retourner au pharisianisme et notre Humanité à l'infantilisme.
Les manuscrits de la mer Morte
s'inscrivent en lettres de feu sur cette ligne d'évolution. En cette fin de
millénaire, puissent les hommes qui se croyent intelligents faire l'effort de
compréhension qui leur permettra de remonter par le chemin compliqué de
l'Histoire jusqu'aux origines de la pensée! Puisse cette réflexion leur servir
sur le chemin de l'avenir! C'est le voeu que je formule en ce jour du 1er
janvier de l'année 1997.
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