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Comprendre les Evangiles Autrement Version imprimable E-mail
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Vézelay: Jean présentant l'agneau

Les évangiles sont des textes d’une portée historique immense car on peut dire sans se tromper qu’ils sont un tournant capital dans l’évolution de notre pensée. Aussi importe-t-il de bien les comprendre. La compréhension que je propose existait encore au IV ème siècle dans la sculpture que j’ai reproduite dans mon article précédent. Elle existait encore en Bourgogne, au XVème siècle, dans la pensée du chancelier Rolin comme je l’ai expliqu édans un autre article. Elle était encore présente à Vézelay dans un Jean présentant le symbole d’un agneau qu’un martèlement postérieur n’a pas réussi à effacer complètement. 

 

Jean est le premier évangile et tous les efforts que font les exégètes pour en situer la rédaction à une date tardive et en dernier n’y changeront rien. Dans son "Christ hébreu", le professeur Tresmontant a démontré l’inconsistance de leurs thèses sans qu’il y ait une seule contestation. Jean est l’évangile que Jean-Baptiste prêchait ; c’est mon intime conviction. La meilleure preuve en est qu’on n’y parle pas de sa mort mais qu’il faut attendre l’évangile de Marc (Mc 6, 14) pour être informé de ce très important évènement. Jean, manifestement, s’est servi de Jésus pour en faire son porte-parole. Aux noces de Cana, c’est Jean qui, en fait, défend son point de vue. Dans l’affaire du temple, c’est Jean qui fulmine. Dans la question à Nicomède, c’est Jean qui porte la contradiction aux Pharisiens. Dans sa réponse sadducéenne, c’est Jean qui s’exprime. En ressuscitant Lazare, c’est encore Jean qui demande aux prêtres de Judée de "se réveiller" (Jn 11) et aux habitants de Jérusalem d’accueillir la parole de Dieu dans un grand élan populaire (Jn 12). Il s’agit là d’un modèle type de manifestation pacifique, d’un exemple à suivre. Contrairement aux Zélotes qui prônaient la violence par les armes, cet évangile prouve que c’est par la parole que Jean-Baptiste voulait faire triompher sa cause tout en faisant pression sur le pouvoir en place. En évoquant les foules que des "prophètes" mettaient alors en mouvement, en nous apprenant que si Jean-Baptiste fut mis à mort par Hérode le Tétrarque, c’est à cause de la grande quantité de peuple qui le suivait pour écouter sa doctrine, l’historien juif Flavius Josèphe nous décrit avec beaucoup de lucidité l’ambiance qui régnait à cette époque. En outre, il nous rapporte plusieurs manifestations pacifiques tout à fait étonnantes dont une, e nparticulier, qui força l’admiration de l’occupant romain et le fit même céder. 

Jean est le nom d’une communauté essénienne.Il s’agit là d’une interprétation qu’on aurait dû faire depuis déjà longtemps tant elle paraît évidente. Fuyant la fureur d’Hérode après la répression de l’an - 4, des prêtres asmonéens se sont réfugiés dans des monastères du désert de Judée, autour de la mer Morte. Il est probable que cet évangile relate des faits accomplis collectivement ou dans l’anonymat par des membres de la communauté, Jésus faisant ses œuvres et inspirant leurs actions de même que Yahvé agit au sein du peuple d’Israël. Mais il ne fait pas de doute par ailleurs que le texte a été rédigé de telle façon qu’il est un chemin tout tracé dans lequel Dieu ou son fils était invité à venir, soit en chair, soit en parole, jusqu’à, éventuellement, s’incarner dans un membre particulièrement saint de la communauté. Dans cette hypothèse très solide, l’évangile de Jean doit être lu comme un texte prophétique qu’il était demandé aux disciples d’accomplir. Je suis la voix qui crie dans le désert. Je suis celui qui vous demande d’ouvrir la voie au Seigneur (Jn 1, 23).

Marc est le deuxième évangile.Après la mise à mort du Jésus de Jean, annoncée, en toute logique, sur la croix, mais que le pouvoir en place a préféré, semble-t-il, exécuter par le glaive - c’est le fameux récit de la tête coupée de Jean, surnommé le Baptiste, que l’on présente à Salomé sur un plat d’argent - c’est une communauté des bords du lac de Galilée qui reprend le flambeau dans la ferme intention d’accomplir la prophétie de Jean. Entre les deux textes, et c’est normal, il existe de notables différences. Il est bien évident qu’il fallait commencer discrètement, loin du pouvoir pharisien, en Galilée, et ne monter à Jérusalem qu’à la fin de la prédication. Il est bien évident qu’il ne fallait pas commencer par chasser les vendeurs du temple au risque de compromettre toute la suite des opérations mais repousser cette scène au dernier moment. Dans sa lecture cachée, Marc relate en fait l’action missionnaire et la mort sur la croix des membres de sa communauté. Ces membres montent effectivement sur la croix mais, chose incroyable, leJésus qui les accompagne dans la mort, s’écrie pour la première fois : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et chose encore plus incroyable, Marc prophétise que le processus est enclenché et qu’il ne s’arrêtera qu’après la venue du Fils de l’homme (quel Fils de l’homme ?) : Et de nouveau, il leur envoya un autre esclave et, celui-là, ils le tuèrent... et il leur en envoya d’autres et ils les tuèrent aussi (Mc 12, 1-12).

Luc est le troisième évangile. Il reprend le récit de Marc tout en le complétant, en le corrigeant et en l’améliorant sur le plan littéraire. C’est un texte très étudié  -voyez mes ouvrages - dont le commanditaire est un membre important du saint conseil essénien qui siège à Gamala, Philippe l’apôtre, personnage important cité par Flavius Josèphe, et dont l’auteur est, tout simplement, Paul. On devine que le grand conseil essénien a décidé de reprendre la tête du mouvement.

L’évangile de Mathieu, quatrième, est l’autel central, après la crise d’Antioche, sur lequel les différents courants du christianisme naissant ont scellé leur union sans pour cela renoncer à leur évangile particulier. C’est un évangile en deux parties. Dans la première partie, le conseil essénien est libre. Tout en apportant, par la voix de Jésus, des précisions indispensables aux enseignements précédents, il agit en suivant le chemin déjà tracé, ce qui explique la similitude avec les deux évangiles précédents. En même temps qu’il agit, il en écrit le récit et le proclame publiquement au risque du martyre. Dans une deuxième partie, ce conseil n’est plus libre mais il poursuit sur le chemin déjà tracé jusqu’à monter sur la croix. En revanche, c’est le conseil qui lui succède qui va rédiger et proclamer la deuxième partie du texte, depuis l’arrestation du conseil promis au martyre jusqu’à sa résurrection, ou plutôt, jusqu’à la résurrection de Jésus dans le nouveau conseil élu.

Envoyé dans toutes les communautés de Palestine et de la diaspora, l’évangile de Mathieu sera le quatrième choc évangélique car, dans ce véritable drame humain, l’important, c’était aussi et surtout, de le faire connaître.

Première conclusion. Je ne suis pas le premier à parler de textes codés. Le professeur Tresmontant l’a évoqué pour certains passages. Dans "Les mythes hébreux", Robert Graves et Raphael Patai, en faisant des rapprochements avec des textes historiques extérieurs, ont identifié des tribus, des régions ou des localités portant les noms que la Bible donne aux patriarches, ce qui donne à réfléchir. Et Maurice Mergui, dans son "Etranger sur le toit" a bien mis en évidence la complexité de la pensée et de l’exégèse juive.

En séparant les"intelligents" des incrédules, le prophète Daniel avait déjà tout dit au deuxième siècle avant notre ère... à savoir que les textes bibliques ne pouvaient être compris que par un effort d’intelligence. Deviner, par exemple, qu’Abraham ne pouvait être qu’un conseil de prêtres/chefs et Sarah, sa troupe militaire d’élite, était à la portée de n’importe quel lettré moyennement intelligent... et ainsi de suite. Car tout le monde sait qu’il existait en ce temps-là deux types de pouvoir possibles : le pouvoir exercé par un roi-individu et le pouvoir exercé par une oligarchie ou par un clan. Ce deuxième type de pouvoir ne pouvait s’exercer, bien évidemment, que par l’intermédiaire d’un conseil dont les membres étaient choisis au sein de l’oligarchie ou du clan. La meilleure preuve en est que ces conseils - qui agissaient comme un seul homme - recevaient des noms à signification politique ou religieuse.

En adoptant ce langage analogique, on est bien obligé de reconnaître que les évangélistes étaient sincères. Suivant la tradition, ils écrivaient à l’intention des "intelligents", mettant même parfois le lecteur hésitant sur la voie. Ce type de langage n’avait rien d’original, semblant même être assez répandu dans la littérature antique, notamment grecque. C’est ainsi, à mon avis, que dans la Grèce antique, il ne devait pas échapper aux lettrés intelligents que la belle Hélène ne pouvait être qu’une troupe d’élite du roi Ménélas et que c’est son "enlèvement" par Paris qui avait déclenché la guerre de Troie.

Deuxième conclusion. Après mes publications, peut-on encore parler de textes sacrés ? Je ne sais pas, même si je me demande parfois si les hommes qui en sont à l’origine n’ont pas frôlé une vérité qui, aujourd’hui, nous échappe.

D’un côté, je pense que mes contemporains devraient être logiques avec eux-mêmes sachant que la majorité d’entre eux choisissent encore de se faire enterrer à l’église. Comme le reconnaissent les philosophe scroyants et non-croyants, il y a quelque chose de sacré dans l’homme et dans son histoire. Dans la vie de chaque individu, il est en effet des moments sacrés que sont sa naissance, son entrée dans la communauté et sa mort. L’homme n’est pas qu’un animal. Ces moments sacrés demandent à être célébrés d’une manière solennelle, émouvante et spirituelle. C’est pourquoi je souhaite, pour ma part, que nos prêtres maintiennent la tradition et cette culture qui a contribué à faire ce que nous sommes.

D’un autre côté, je constate que l’institution ne fait preuve ni d’intelligence, ni de logique ni du réalisme qu’on est en droit d’attendre d’elle. Mais où sont les intellectuels qui pourraient aider cette institution à évoluer ? Je ne vois chez ces intellectuels qu’attitudes prudentes et réservées comme s’ils voulaient fuir le débat qui pourtant s’impose.

Et j’en arrive à me demander si l’homme moderne ne se fait pas des illusions sur sa prétendue intelligence. La meilleure preuve en est la difficulté qu’ont mes contemporains à reconnaître l’erreur de localisation des sites de Bibracte et de Gergovie, ce qui est la plus belle sottise qui soit.

 

Les femmes regardaient de loin
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Dernière mise à jour : ( 15-05-2008 )
 

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