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Un tableau inconnu de Caravage Version imprimable E-mail
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Nativité. Un projet de société idéale.
Par Michael Angelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610).
Huile sur toile 215 cm x 159 cm. Vers 1604
Châssis ancien. Cadre en chêne.

En 1605, le protecteur de Caravage est le cardinal del Monte, proche des Médicis, plutôt favorable au parti français contre le parti espagnol. Le pape Clément VIII, un Médicis, meurt cette année-là, à l'âge de 69 ans. Pour le parti français, le successeur est déjà prévu depuis quelque temps. Il s'agit du futur pape Léon XI. 

Dans son sens conventionnel, cette Nativité se lit sans aucune difficulté. Voici la Vierge et l'enfant Jésus, dans l'étable de Bethléem, sur la paille de la crèche, sous la protection de saint Joseph. Tout cela se trouve dans l'évangile de Luc. Ce personnage âgé, peint de profil, un genou à terre, est un berger. Cet autre personnage également à genoux, peint de dos dans un lumineux contre-jour, est un autre berger.

Mais dans son sens aujourd'hui caché à nos yeux, il y a dans cet étonnant tableau un message politique. Ce berger qui, les deux genoux à terre, serre ses deux mains de travailleur en un poignant geste de prière est le peuple que la foi éclaire. Cette Vierge, c'est Marie, mais c'est aussi l'Église, une église belle et pure, refondée sur ses valeurs évangéliques et qui après avoir reçu du ciel la lumière, l'enfante au monde.

Caravage s'est peint dans le personnage de Joseph. Ce visage tourmenté, le voilà enfin représenté dans la sérénité, avec sa barbe et sa moustache si caractéristiques, comme recopié sur son remarquable tableau du Martyre de saint Mathieu; le voilà, ce visage, avec son début de calvitie frontale caractéristique.

détail 1

extrait de Tout l'oeuvre peint, éditions Flammarion.

Église Saint-Louis-des-Français, Rome.

détail 2

  

Drapé dans son éternelle cape marron, le pied large et puissant - parfaite réplique du pied du personnage central du tableau précité - Caravage est le penseur, l'intellectuel, bref le peintre qui, dans les ténèbres de cette fin de Renaissance et après les excès de la Contre-réforme, veut ramener la lumière - et la foi - dans une société qui s'est corrompue. Mais il est aussi le représentant de tous les peintres du monde, de tous les artistes de la terre, de tous les créateurs, de tous ceux qui produisent de la pensée, de l'intelligence et de l'Art. Il est toute cette élite sécrétée par le peuple et qui, par ce fait même, constitue l'aile marchante du peuple. Il revient à cette élite le rôle de promouvoir un nouveau pape, de l'éclairer et de le soutenir dans son combat.

 
détail 3
 
détail 4
 

Le futur pape pour la promotion duquel Caravage a peint ce tableau est ce Léon XI dont le mausolée brille de mille éclats dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Ce pape dont le pontificat ne dura que vingt-six jours porta sur le trône de saint Pierre tous les espoirs d'un monde tourné vers une France retrouvée. Personnage à la barbe blanche, au profil intelligent et volontaire, le voici représenté - étonnante image - dans la tenue d'un modeste pasteur, tenant à la main le bâton du berger car c'est lui qui va conduire le peuple de Dieu. Mais il est aussi le représentant de tous les rois de la terre puisque c'est lui qui les couronne. A la différence du berger qui a deux genoux à terre, lui n'en a qu'un.

Réunis par une poignée de mains franche et loyale et par le même regard qu'ils tournent vers un enfant-Dieu retrouvé, Caravage et le futur Léon XI proposent au monde le projet de société idéale monarchique qu'ils comptent mettre en œuvre.

Ce tableau explique tout Caravage, ses espérances, ensuite ses déceptions puis sa révolte.

détail 5
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Tableau tragiquement méconnu, décroché du mur où il était exposé après la mort de Léon XI et la disgrâce du Caravage, puis oublié.

En bas et à gauche, on déchiffre l'inscription suivante en lumière rasante : 1868, E. NESC.. Question : tableau du XIXème siècle peint par un peintre inconnu ? Réponse : non ! La bonne traduction est la suivante : 1868, numéro d'inventaire. E. NESC., autrement dit : EX NESCITUR, on ne sait rien sur l'origine de ce tableau.

Seul la caméra peut en donner une bonne reproduction. En partant de l'obscurité, puis en augmentant très progressivement l'éclairage, apparaît d'abord le visage de l'enfant, celui de la Vierge, puis le ciel ; ensuite à partir du centre tout l'ensemble s'éclaire. La reproduction photographique que nous donnons est une solution moyenne et ne permet pas de voir nombre de détails dans la pénombre, notamment le bœuf et l'âne.

Tableau probablement peint en 1604 ou 1605, juste avant la mort de Clément VIII. Caravage est alors au sommet de son art.

 

 

 

 

 


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