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Un tableau inconnu de Guido Reni Version imprimable E-mail
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Un tableau inconnu de Guido Reni
La brouille entre Caravage et Guido Reni

 

  

Le mariage de la Vierge
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Le mariage de la Vierge. Une alliance retrouvée.
Par Guido Reni dit le Guide (1575 -1642), certains détails par Caravage peut-être.
Huile sur toile. 185 cm x 142 cm. Vers 1600. Châssis apparemment
d'époque ainsi que le cadre peint en écaille de tortue
(photo prise avant restauration).


Guido Reni s'est inspiré du tableau de Milan que Raphaël a peint cent ans plus tôt, mais il a complètement remodelé la scène. Le ‘'Grand angle'' chez Raphaël avec des personnages lointains et immobiles, est remplacé chez Guido Reni par un ‘'plan américain'', avec des personnages très proches et en mouvement.

Dans le tableau de Milan, Raphaël a inscrit son nom au fronton du temple : ‘'Raphaël Urbinas'', Raphaël d'Urbain. Dans le tableau du Guide, c'est sur le bandeau de la coiffure du personnage central que se trouve l'inscription : M AM S ; le A et le M ont un jambage commun. C'est une inscription semblable que Caravage a porté sur la lame de l'épée de son David tuant Goliath : M AC O ce qui signifie Michael Angelo Caravagio Opus, œuvre de Michel-Ange Caravage. M AM S se traduit donc ainsi : Michael Angelo Merisi Schola, Ecole de Michel-Ange Merisi (avant qu'on lui donne le surnom de Caravage).

 Le pape Clément VIII
 
détail 1
 
détail 2

Cappella Paolina
Santa Maria Maggiore, Rome 

Guido Reni, élève du Caravage, s'est peint à droite, à coté de l'autre élève, dans la posture d'un peintre prenant du recul pour regarder son œuvre. Il semble âgé d'environ 25 ans. En fond de tableau, le Caravage dresse le chandelier à sept branches pour éclairer la scène. Il a la même attitude que dans les sept œuvres de miséricorde où il apporte, là aussi, la lumière (la vérité et la foi). On l'identifie à sa bouche édentée (cf. sa tête dans le Goliath tué par David). A l'extrême gauche, la vestale rappelle la grandeur et la pureté de la Rome antique.

 
détail 3
 
détail 4
 
détail 5
  extrait de Tout l'oeuvre peint, éditions Flammarion

 A droite, le futur pape Léon XI est représenté dans le personnage de Joseph. Ambassadeur du pape en titre, Clément VIII, il a parcouru l'Europe pour refaire l'unité de l'Eglise après la scission protestante. Négociateur habile et tolérant, il a pris parti pour Henri IV et l'a ramené à la foi catholique (1593). Cette Marie à laquelle il propose une nouvelle alliance, c'est l'Europe chrétienne, une Europe alanguie, une église encore souffrante des traumatismes causés par les guerres de religion. Soutenant délicatement le bras languissant de l'Europe chrétienne d'une main, s'appuyant très légèrement de l'autre sur son solide second et successeur, le pape Clément VIII confirme la nouvelle alliance qu'il a proposée aux peuples et aux rois. Fraternellement unis, comme l'étaient Pierre et Paul, voici les deux hommes qui portaient alors sur leurs épaules le poids de l'Église.

 
détail 6
 
détail 7
Le pape Léon XI

Le tableau est centré sur la bague, éliminant l'inutile ou l'accessoire. La Vierge porte l'habit d'une femme du peuple. La tenue du grand prêtre correspond très exactement à celle ordonnée par Moïse. La richesse de son costume ne se justifie que par le symbolisme qu'il exprime.

Voici, en résumé, ce que Yahwé avait prescrit à Moïse pour la tenue de cérémonie du grand prêtre Aaron:

«Tu feras une mitre tendue de lin fin (en forme de croissant de lune?), et devant, un bandeau d'or pur sur lequel seront gravées en forme de sceaux les lettres "consacré à Yahwé".

Tu feras un éphod (vêtement de dessus) de pourpre rouge cramoisi, décoré de fils d'or et doublé de lin fin retors (probablement molletonné). Il aura deux épaulettes portant des pierres d'onyx sur lesquelles seront gravés les noms des fils d'Israël, six sur la première, six sur la seconde.

Tu feras une écharpe de pourpre violette qui fera corps avec l'éphod (sous l'éphod?).

Tu feras un pectoral de jugement, de la largeur et d'une hauteur d'une main ouverte, que tu fixeras (sur la poitrine du grand prêtre) par des chaînettes tressées d'or pur, avec des anneaux d'or et des glands qui s'accrocheront aux épaulettes. Ce pectoral sera de pourpre violette cramoisie. Il portera quatre rangées, chacune de trois pierres serties: sardoine, topaze, émeraude, saphir, diamant, opale, agate, améthyste, chrysolithe, onyx, jaspe, toutes pierres seront aux noms des douze tribus d'Israël, gravés en forme de sceaux. Tu feras un manteau (sous l'éphod) de pourpre violette, bordé en son bas d'un cordon de grenades rondes et de clochettes d'or alternées. Quand le grand prêtre viendra dans le lieu saint face à Yahwé, on les entendra tinter.

Tu feras (sous le manteau) une tunique en piqué de lin fin.

Œuvre d'artiste!»

Ainsi donc, contrairement à ce qu'on a cru, Caravage a bien fondé une école, mais une école qui ne pouvait être que de très courte durée compte tenu du caractère querelleur et emporté de l'intéressé. La brouille était prévisible. Guido Reni évoluera vers une peinture plus ‘'image pieuse'' sous la protection du pape Paul V tandis que Caravage, déçu par le nouveau pape après la mort subite et prématurée de Léon XI, ira jusqu'à peindre une Vierge (une église) morte enceinte sans avoir pu enfanter (musée du Louvre).

En peignant son ancien élève en train de lui couper la tête dans son David et Goliath (galerie Borghèse), Caravage révèle à la fois la concurrence qui existait entre eux, mais aussi sa supériorité.

La lumière principale qui éclaire la scène de notre tableau venant de droite, l'ombre de Joseph/futur Léon XI aurait dû, normalement, se porter sur le grand prêtre/Clément VIII. Pour qu'on ne puisse pas dire que le serviteur portait ombrage au chef légal de l'Eglise, le peintre a fait passer l'ombre de Léon XI sous les pieds du pape en titre. Et pour que Clément VIII ne marche pas sur l'ombre de celui auquel il doit tout, il l'a fait marcher en l'air, à environ vingt centimètres au-dessus de l'ombre portée de son compagnon.

On retrouve dans ce tableau la splendeur de la lumière caravagesque. Tout cela sort, en effet, de la pénombre. Seul un éclairage puissant peut révéler les détails qui se cachent dans les parties obscures. Dans la partie haute de la toile, aux pointes du candélabre de Moïse que dresse Caravage, les sept lumières tremblotantes jettent une faible lueur. A gauche, le rideau cramoisi de l'entrée pend. En bas se devine la première marche du parvis du temple.

Enfin, brillant dans l'ombre du pectoral, les pierres précieuses, probablement peintes par la main du Caravage, scintillent par une étonnante illusion d'optique (cinq rangées au lieu de quatre).

Carle Van Loo et Simon Vouet semblent avoir repris dans leur Mariage de la Vierge, la scène peinte par Guido Reni, tandis que Le Sueur a recopié purement et simplement le profil de la Vierge dans son Annonciation.



 

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 | © Emile Mourey 2006 |