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À Luc Ferry, qu'est-ce qu'une vie réussie ? Version imprimable E-mail
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Lettre ouverte à M. Luc Ferry,
philosophe et ministre

Monsieur le Ministre, 

Je viens de parcourir votre dernier ouvrage "Qu'est-ce qu'une vie réussie ?"

Comme vous l'écrivez, nous vivons aujourd'hui en Occident, sans en avoir pris encore la mesure, une mutation à nulle autre pareille, un bouleversement si imprévu que les prêt-à-penser élaborés au XXème siècle ne suffisent plus à cerner (page 73).

En outre, l'irruption dans notre société de tradition judéo-chrétienne d'une immigration de culture musulmane à natalité débordante pose un problème qu'il serait historiquement, philosophiquement et politiquement extrêmement grave de nier. 

Concernant ce problème, bien qu'il ait été prévisible, on ne peut être que pragmatique. L'enfant, puis adulte, n'est pas acteur de son origine, pas plus que le huitième enfant non désiré d'une famille nombreuse, et il faut tout faire pour qu'il ne se sente pas victime d'une discrimination absurde, quelle qu'elle soit. En revanche, son entrée dans la société d'accueil présuppose qu'il en accepte ses lois.

Vous réaffirmez à la page 48 ce grand principe de la République, que, dans le domaine des croyances religieuses, l'Etat moderne est, tout simplement neutre, qu'il ne recommande, n'interdit ni n'impose rien. L'intention est louable mais si neutralité est synonyme de laisser faire, je crains qu'il n'y ait là quelque utopie annonciatrice de lendemains fort douloureux. Selon moi, le devoir de l'Etat est de permettre ou de favoriser l'évolution de la société, y compris dans le domaine des croyances religieuses. En effet, seule l'évolution de ces croyances permettra d'éviter ce que certains redoutent : le choc des cultures.

Dans cette optique, les jeunes Français et Françaises issus de l'immigration qui vont dans ce sens d'évolution doivent être soutenus, c'est une évidence. Car, comme l'a écrit André Comte-Sponville, la France, c'est une histoire à continuer.

 

Mais revenons à votre ouvrage que je résume en trois mots : enchantement du monde, désenchantement et puis - votre thèse - réenchantement mais sous une autre forme. Dans ce bouleversement imprévu, comment peut-on demander à des professeurs d'enseigner le fait religieux comme si rien n'avait changé depuis les temps anciens ? A leurs questions, votre livre peut-il être, avec d'autres, un essai de réponse ?

 

Votre démonstration philosophique est rigoureuse, mais je me pose toutefois des questions sur la fiabilité des interprétations historiques sur lesquelles vous fondez votre raisonnement.

Les premières réflexions sur "la vie bonne", c'est en Grèce qu'on les découvre, chez Platon, Aristote et autres philosophes, certes, mais aussi - il ne faut pas le négliger - dans l'Iliade et l'Odyssée, ainsi que dans les documents archéologiques, entre autres. Or, dans cette bible de l'époque que furent l'Iliade et l'Odyssée, dans les très nombreuses poteries grecques décorées, apparaît, derrière le voile d'une mythologie qui parfois nous déroute, un idéal très puissant et inébranlable qu'il faut bien appeler "patriotisme".

Le dictionnaire donne la définition suivante de la patrie : nation dont on fait partie ou à laquelle on se sent lié. La définition du patriotisme étant le dévouement à la patrie, c'est-à-dire à la nation, j'en déduis que l'idéal grec était déjà - je reprends votre formule - une transcendance horizontale dirigée vers les autres, dans le cadre toutefois limité de la cité. Cet idéal n'exclut pas une espérance de survie dans un cosmos ordonné, mystérieux et divin. Bref, déjà au temps des Grecs, au-delà de la morale et des croyances mythologiques, il y avait... le patriotisme.

C'est ce patriotisme de cités, d'Athènes, de Sparte et d'autres, qui, en évoluant dans un patriotisme élargi, a enfanté cette Grande Grèce dont nous sommes les enfants. 

 

Vous avez le grand mérite d'avoir compris que l'évangile de Jean - pour moi, de Jean-Baptiste - marque un véritable tournant dans cette histoire. L'évangile de Jean est-il un détournement de l'héritage grec (page 313) ? Peut-être, mais c'est aussi une révélation... somme toute logique. L'intuition de Jean est que le logos, qui ne se trouvait pour les philosophe grecs que d'une façon diffuse dans le monde, y compris dans le ciel, se trouve également dans l'esprit de l'homme et que c'est dans l'esprit de l'homme que ce logos continue ses œuvres. L'homme-poussière cosmique devenu homme-dieu, tel est l'acte de foi de Jean réduit à son essentiel... autrement dit : une foi en l'homme.

Or Jean  - comme je l'ai expliqué dans mes ouvrages - a voulu faire descendre le logos, du ciel dans un saint conseil essénien, en espérant qu'à force de monter sur la croix, un saint se révèlerait comme le fils de Dieu en ressuscitant des morts. Vœu pieux ou espérance vécue ? C'est la deuxième alternative qu'ont retenue les Pères de l'Eglise. Et c'est ainsi, comme vous le dites très justement, qu'une religion révélée a pris le pas sur la philosophie en en faisant sa servante jusqu'aux temps modernes.

 

Dans mon site internet, j'explique que le tableau de Van Eyck "la Vierge au chancelier Rolin" est en réalité un hymne à la Bourgogne. Un peu plus loin, au plus fort du danger, c'est le cri "A moi, l'Auvergne!" que l'Histoire a retenu.

Le tableau de Van Eyck n'est qu'un exemple parmi d'autres. La religion n'est bien souvent qu'un paravent. Les  patriotismes en ont usé et abusé, pour le mal, mais aussi pour le bien. Aujourd'hui, quoiqu'on dise, les patriotismes sont toujours là, bien vivants. l'Europe des nations n'est pas qu'un simple rêve éveillé et même s'il ne veut pas dire son nom, c'est bien un patriotisme de la terre et du monde qui anime l'esprit d'un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens.

           

E. Mourey, le 12 mars 2004 

Ancien officier de carrière d'origine saint-cyrienne, après une carrière courte qui l'a mené pendant cinq ans en Afrique du Nord, Emile Mourey a quitté l'armée avec le grade de lieutenant-colonel. Il est l'auteur de dix ouvrages dont sept publiés. On peut en consulter les résumés détaillés sur son site internet. Latiniste, intéressé depuis son plus jeune âge par l'Histoire et l'Archéologie, il a redécouvert les sites de Gergovie et de Bibracte dans les villages médiévaux du Crest et de Mont-Saint-Vincent. Paradoxalement, cette importante découverte qui révolutionne toute la compréhension de notre Histoire, en passant par l'Ancien Testament jusqu'au Christ, a tellement dérangé les technostructures en place que les médias ont choisi d'étouffer l'affaire.

Emile Mourey s'est beaucoup posé de questions sur le patriotisme de ses ancêtres. Après avoir sauvé de la ruine un château du XVII ème siècle et en dépit de toutes les difficultés qu'il rencontre, il  a préféré consacrer la fin de sa vie à ses travaux de restauration.

 

 

 

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