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Au sujet de "La sagesse des Modernes" Version imprimable E-mail
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Index de l'article
Première lecture
Deuxième lecture
Troisième lecture
Quatrième lecture

de Luc Ferry et André Comte-Sponville

 

D - QUATRIÈME LECTURE

 

I. Le problème du mal

            Luc Ferry écrit (page 29): «Mais le mal radical est ailleurs (que le mal par intérêt): il réside dans le fait... de prendre le mal en tant que tel comme projet... or ce démoniaque, hélas, semble bien être le propre de l'homme» (exemple: la torture, le sadisme, certains actes contre nature commis en Bosnie ou au Rwanda). Si l'animal ne connaît pas cet excès, c'est parce qu'il n'est pas plus que son programme. Si l'homme connaît cet excès, c'est parce qu'il est libre (de faire le mal... ou le bien).
            André Comte-Sponville voit plutôt dans le mal la manifestation de l'égoïsme humain joints à des penchants qui, même s'ils s'écartent de la logique naturelle, peuvent néanmoins s'expliquer (sans s'excuser, bien évidemment).
            Pour l'aile traditionnaliste de l'Église, le Diable a toujours une existence bien réelle. C'est lui, le tentateur, qui s'introduit dans la conscience de l'homme pour le détourner de la parole de Dieu et lui faire commettre le mal (d'où le maintien de la pratique de l'exorcisme).
            En ce qui me concerne, je ne suis convaincu ni par les uns ni par les autres, tant ces notions de diable (pour l'Église), de démoniaque (pour Luc Ferry), ou de grand Satan (pour d'autres) me semblent dater d'un autre âge et en dehors de la raison.

            Mon raisonnement s'appuie sur deux idées.

            Première idée: il y a la nature. De même que l'homme est le prolongement de l'animal dans le sens de l'évolution naturelle, de même la meute "animale" trouve son prolongement dans le clan humain, puis dans la tribu, et ainsi de suite; de même que les espèces animales luttent entre elles suivant les dures lois de la sélection naturelle où la plus faible est éliminée, de même ont agi les groupes humains au début de notre histoire. Pour les peuplades sumériennes, pour le peuple d'Israël à son début, il semble qu'il était normal, "voire naturel", d'éliminer l'adversaire ou l'étranger.
            L'histoire d'une humanité issue d'un seul couple humain est un mythe dont la fausseté est de mieux en mieux démontrée par la paléontologie. L'humanité est issue de souches différentes dont seules ont subsisté les plus aptes (ou les plus guerrières). L'homme de Néenderthal n'est pas l'homme de Cro Magnon.
            Dans cette optique, on peut se demander pourquoi ce processus ne s'est pas poursuivi jusqu'à ce jour, puisqu'apparemment c'est une loi de la nature.

            Deuxième idée: il y a la montée de la conscience. L'organisation sociale favorisant la réflexion, il apparaît, au cours de l'histoire, une prise de conscience progressive, à savoir que l'homme ne doit pas être un loup pour l'homme. Comme le dit très justement Luc Ferry, l'homme prend conscience du sacré dans l'autre. C'est cette montée de la conscience que l'historien Jean a étudiée dans l'histoire du peuple hébreu (Histoire de Bibracte, Dieu caché ).

            Conclusion: Cette prise de conscience n'étant pas dans les lois de la nature, il est logique d'émettre l'idée qu'elle a pu être inspirée par... Ce qui nous dépasse. Dans cette hypothése, j'aurais plutôt tendance à me rapprocher de la phrase de Jean-Paul II: «...Il existe une connaissance qui est propre à la foi. Cette connaissance exprime une vérité fondée sur le fait même que Dieu se révèle, et c'est une vérité très certaine car Die ne trompe pas et ne veut pas tromper.»
            Ne serait-ce pas à partir de cette prise de conscience que se sont développées la notion du mal fondamental (si l'on suit la loi de la nature de l'élimination du plus faible) et la notion du bien fondamental (si l'on suit la voix de Dieu qui l'interdit)?
            Dans le cas où cette hypothèse serait juste, l'existence du mal fondamental prouverait donc l'existence de Dieu, alors que jusqu'à maintenant on pensait le contraire.

            Débat: Contrairement à ce qu'affirme Luc Ferry, le mal radical (ou fondamental) ne serait donc pas le (mauvais) fruit d'un excès hors nature, mais plutôt un retard d'évolution de l'homme sur le parcours qui le mène de "l'animal dans sa meute" à "un plus humain dans la société à construire".
            Alors s'expliqueraient les massacres du Rwanda par l'immaturité de certaines ethnies qui sont encore très proches des dures lois de la concurrence animale.
            On comprendrait, par ailleurs, que des erreurs ou des faiblesses de la pensée aient égaré des groupes humains importants dans des idéologies pernicieuses (le nazisme avec son mythe d'une race arienne supérieure; le communisme avec son utopie d'homo sovieticus). Et cela n'est pas fini. le génocide cambodgien ne date que d'hier et aujourd'hui encore, des pays en retard d'évolution pratiquent l'excision.
            Mais le mal radical peut aussi être le fait d'une intelligence machiavélique, rancunière et haineuse qui, par des actes spectaculaires, commandés ou non, terrorise et fait s'enfuir une population d'un territoire que l'on convoite, et là encore, on rejoint les dures lois animales de la lutte des espèces entre elles.

            Bref, pour revenir à une idée simple, disons que le mal radical ou fondamental n'existe que parce que l'homme ne veut pas aller dans le sens intelligent de l'évolution, et en particuler dans le sens du bien, et cela pour diverses raisons (égoïsme ou perversité), ou bien parce qu'il se trompe, ou bien parce qu'il laisse faire, ou bien parce qu'il relève de la pathologie.

II. Faut-il réfuter la révélation et les arguments d'autorité?

            Luc Ferry écrit (page 241): «Les principes moraux, comme les vérités scientifiques, sont découverts par les hommes, pensés et vécus par eux, et non pas imposés par je ne sais quelle révélation.»
            Une telle affirmation va, apparemment, à l'encontre de celle de Jean-Paul II. En effet, il ne fait pas de doute que l'Église a donné des armes à ses adversaires en fixant dans des dogmes intangibles - à la suite de graves malentendus - ce qui n'était qu'une prise de conscience de certaines valeurs qui ont émergé dans l'Histoire et dans une histoire, au début de notre ère.
            Il n'empêche que ces valeurs se sont bien exprimées, qu'elles ont été mises en écrits, qu'elles ont fondé et fait avancer nos sociétés civilisées, et qu'il serait bien imprudent aujourd'hui de s'en remettre aveuglément à une approbation qui relèverait du fond de la conscience de chacun, c'est-à-dire des points de vue de chacun, c'est-à-dire de la mode du moment.
            Ces valeurs ont été, en quelque sorte, révélées par l'Histoire, et il me semble qu'il est dans le rôle normal de Jean-Paul II de le rappeler à des sociétés fluctuantes, voire déboussolées. Je sais bien que les sociétés qui avancent sont celles qui se remettent régulièrement en question. Il ne faudrait toutefois pas oublier que l'affaiblissement des valeurs et des arguments d'autorité a été une des principales causes de la décadence de l'empire romain.

III. De la responsabilité de l'homme politique

           Apparemment, cela semble simple. Il y a les chercheurs qui apportent leur savoir. Il y a les hommes de réflexion qui élaborent de la pensée à partir de ces savoirs. Il y a enfin les hommes politiques qui doivent se nourrir de cette pensée de façon à se présenter en tête de liste d'un courant, en vue d'une action de progrès de la vérité, du beau, du bien, "le but de la philosophie étant moins de favoriser tel ou tel camp que de les aider tous, dans le cadre de la démocratie, à réfléchir" (André Comte-Sponville, page 473).
            Dans un tel système, il importe que les hommes politiques soient ouverts à tout ce qui est nouveau et approfondissement dans le domaine de la réflexion et de la pensée, scientifique, historique, religieuse, philosophique etc... L'intérêt que portent certains hommes politiques aux ouvrages et aux conférences/séminaires de Luc Ferry et André Comte-Sponville montre bien aujourd'hui que l'homme qui agit a besoin de retrouver un sens à son action depuis que le doute s'est installé et que les repères se sont estompés.
            Le drame, c'est que depuis mai 1968, le pouvoir politique a perdu, en France, beaucoup de son autorité et de son prestige et que, depuis cette date, les gouvernements sont beaucoup plus dans la crainte de la rue qu'à l'écoute du citoyen qui a quelque chose d'important à dire. En voilà un exemple caractéristique:
           Madame la Ministre de la Culture sait très bien que les fouilles archéologiques menées depuis de très nombreuses années sur le mont Beuvray n'ont pas apporté la preuve qu'il s'agissait du site de Bibracte. Elle sait très bien qu'en reconnaissant l'erreur de localisation commise par ses services, c'est toute la vision de notre histoire qui s'en trouvera transformée. Et pourtant, elle ne répond toujours pas à la question écrite que des députés lui ont posée à ce sujet.
 

Copie à Père Vanhoye, Institut biblique du Vatican (voir son courrier en réponse à l'envoi de nos livres).

 

 

 

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 | © Emile Mourey 2006 |