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Monsieur le Ministre,
Le 14 octobre 2005, à Blois, à l’occasion du
festival du rendez-vous de l’Histoire, vous avez fait l’éloge de M. Christian Goudineau, professeur au Collège de France, titulaire de la
chaire des Antiquités Nationales, qui, curieusement, a bifurqué dans la
publication de romans. Dans votre discours, vous avez réaffirmé la
thèse que défend ce professeur; je cite: « Bibracte,
qui fut l’une des cités les plus splendides des Gaules, mise à jour au Mont-Beuvray, centre européen d’archéologie… »
Cette thèse n’a été prouvée, ni
par une argumentation sérieuse, ni par les fouilles archéologiques pourtant
effectuées à grands frais sur le site.
Vous devriez savoir qu’ici, en Bourgogne, le doute s’est
installé, que le mont Beuvray pourrait ne pas être le
site de Bibracte mais celui de Gorgobina, oppidum des
Boïens cité par César.
Vous devriez savoir que madame Trautmann remarquait déjà
que, dans le bilan des onze premières années de fouilles, la question du
bien-fondé de l’identification de Bibracte au mont Beuvray ne faisait l’objet que d’une allusion.
Vous devriez savoir que madame Tasca
considérait qu’il ne lui semblait pas convenable,
à ce stade, d’arbitrer entre mes thèses et celles de M. Goudineau.
Vous devriez savoir que M. Aillagon,
sur intervention de M. Perben, a demandé à M. Michel Clément, Directeur de
l’Architecture et du Patrimoine d’étudier
le dossier relatif à la localisation des anciennes capitales gauloises avec la
plus grande attention et qu’à ce jour – cela va faire bientôt trois ans – aucune réponse , apparemment, ne lui a été faite.
Mais peut-être ne savez-vous pas que M. Michel Clément
était directeur de la DRAC Bourgogne de 1995 à 1998 – M. Goudineau
étant président du conseil scientifique du mont Beuvray –, que c’est pendant cette période qu’est montée en puissance l’opération "Mont Beuvray"qui devait marquer, avec la
construction du Centre archéologique européen, – je cite M. Jack Lang - le point culminant d'un projet de grande
envergure au bénéfice d'une archéologie française en quête de reconnaissance
nationale et internationale …
M. Michel Clément
n’a pu ignorer, ni mes courriers de mise en garde, ni les livres que j’ai
adressés à sa direction, ni les articles de presse qui ont présenté mes ouvrages.
Quant à M. Goudineau, voici ce qu’écrit à son sujet
un journaliste connu qui aurait souhaité ouvrir le débat : « Il les écarte (mes arguments) avec
le bouclier de la science et l’armure de l’institution, sans se donner la peine de les réfuter.»
Que des hauts responsables de l’archéologie, à défaut
d’arguments, traitent par l’ironie ma traduction des textes latins et mes nouvelles
interprétations en m’amalgamant aux contestataires d’Alésia ne me surprendrait
pas.
En revanche, des témoignages de lecteurs et
d’internautes français et étrangers me permettent d’espérer que passera cette
mode autodestructrice qui consiste à réécrire l’Histoire en dénigrant nos
personnages historiques et les origines de notre nation .
Parmi ces lecteurs, MM. Jacques Toubon , Marceau Long ,
la revue Armée Défense , Le Casoar . Madame Haigneré,
ministre de la recherche, m’écrit ceci: « Vous avez eu l’amabilité de m’adresser
votre livre intitulé « Histoire de Bibracte, le bouclier éduen » et je vous en remercie vivement. J’ai parcouru avec beaucoup d’intérêt votre
ouvrage et en ai apprécié la clarté des séquences historiques que vous décrivez
avec minutie et enthousiasme… je vous félicite très chaleureusement pour votre
étude remarquable d’une époque importante de notre histoire qui s’éclaircit peu
à peu grâce au progrès des connaissances archéologiques et du talent d’historiens
dont vous faites partie . Signé Claudie
Haigneré .»
Ce discours que
vous avez lu ce 14 octobre, est-ce vraiment vous qui l’avez rédigé? Êtes-vous
passionné par les ouvrages répétitifs de M. Goudineau
au point d’en faire un éloge aussi dithyrambique? Je cite : « …Enquête de Lucius Valerius Priscus. Ce texte haletant, parsemé de citations de
Catulle… »
Un roman beaucoup plus commercial qu’historique, qui n’est "haletant" que pour ceux qui en font la promotion, et dont l’action se situe au
Ier siècle dans une ville d’Autun qui n’est devenue le siège de la cité éduenne qu’au début du IVème siècle !!!
Postscriptum : Dans une lettre que je vous ai adressée le 30/07/04 et un dossier le
16/09/04 à la DRAC Bourgogne, j’ai attiré votre attention sur l’importance
qu’il y avait à protéger l’environnement de la tour de Taisey,
antique Cabillodunum où a été signée, en 1595, la
trêve qui mit fin, en France, aux guerres de religions. Je regrette de ne pas
avoir été entendu.
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