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Vercingétorix dénigré par le Collège de France Version imprimable E-mail
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Vercingétorix dénigré par le Collège de France
La reddition de Vercingétorix
Réfutation de la traduction des Commentaires de César par L.-A. Constans
Réfutation du Vercingétorix de M. Christian Goudineau

 

 

Réfutation de la traduction des Commentaires de César par L.-A. Constans

    Avant l'arrivée de César, la Gaule était un ensemble de cités indépendantes, certes, mais cherchant toutefois à se fédérer. L'existence d'une confédération éduenne et d'une confédération arverno-séquane s'inscrit dans un processus d'évolution qui se poursuivra jusqu'à l'union des peuples gaulois sous l'autorité de Vercingétorix. C'est dans cet esprit qu'il faut lire le texte des Commentaires, en s'en tenant aux faits. En relisant attentivement la traduction de Constans, on se rend compte en effet que, non seulement celui-ci exagère dans le sens péjoratif les propos que César porte sur la société gauloise, mais qu'il les rend confus, alors que, paradoxalement, le général romain cherchait à être clair et précis. Or, si on procède aux corrections qui s'imposent, on se rendra compte avec étonnement que la société gauloise était beaucoup mieux organisée qu'on ne pense.
    La cité (civitas), c'était, certes, un territoire mais c'était surtout l'ensemble des citoyens. Quant à la population (populatio), c'était les citoyens (cives) et les non-citoyens (servi). L'urbs, c'est la ville. L'oppidum, c'est la fortification-refuge, mais aussi, quelquefois, l'ensemble de la position défensive. L'ager, c'est la campagne. Mons doit se traduire par montagne ou mont, collis par pente, anima par courage et virtus par valeur militaire.
    Il existait, en Gaule, deux catégories de population: une population plébéenne (plebs) de laboureurs dans la campagne et de personnels de maison ou petits artisans en ville, et une population noble (nobilitas) dont les enfants s'orientaient soit dans la voie des armes (equitatum), soit dans celle de la religion (druidum), en fonction probablement de leurs goûts et de leurs aptitudes. La population plébéenne pouvait se choisir des protecteurs nobles. Quant à la noblesse, elle avait ses premiers (princeps). On peut raisonnablement supposer que ces protecteurs et premiers siégeaient au sénat de la cité.
    En temps normal, c'est le sénat qui avait le pouvoir suprême (senatus). Là aussi, on peut supposer que c'est celui-ci qui désignait les magistrats (magistratus), lesquels géraient les affaires intérieures de la cité (res publica), au sein d'une administration (magistratus) qui descendait jusqu'au niveau local. A la tête de cette administration se trouvait un magistrat suprême (summus magistratus) qui, dans certaines cités, portait le titre de Vergobret. Il était élu par le sénat et prêtait probablement serment devant les prêtres (sacerdos). La politique extérieure, l'ordre moral et la justice étaient assurés par un haut clergé, les druides, à tous les échelons de la société, y compris à l'échelon de la Gaule (principatus Galliae totius); avec quelques nuances, nos Mazarin et Richelieu en sont les lointains successeurs.
    En période de tension ou de guerre, lorsque la nécessité d'un pouvoir fort et unique se faisait sentir au sein de la cité, on voit apparaître un roi à l'image des anciens rois de Rome (rex), ou un commandant en chef des armées (rix ou imperator) dont l'autorité pouvait être plus ou moins absolue ou limitée. Ces personnages étaient issus de la noblesse, des familles les plus illustres et, la plupart du temps, des familles régnantes où la transmission du pouvoir par voie héréditaire semble de règle.
    Cette société gauloise était une société organisée, avec ses traditions, ses règles et ses lois, qui fonctionnait sur la base de conseils, à l'échelon de la ville (concilium publicum), de la cité (senatus), de la Gaule (concilium Galliae), et même en temps de guerre (concilium bellum). Ces conseils (concilium) tenaient conseil (consilium).
    La traduction de Constans est souvent fautive. A cause de l'ampleur de la tâche et d'un parti pris littéraire, il n'a pas senti la nécessité de serrer, au plus près, le sens des mots, et même, dans des phrases importantes, il commet des contre-sens qui ont de graves conséquences sur le plan archéologique et historique. Ainsi, par exemple :
    Haec eadem ratio est in summa totius Galliae ne doit pas se traduire: le même système (de factions rivales) régit la Gaule considérée dans son ensemble mais ce système (d'associations dans lesquelles se regroupe, en particulier, le menu peuple) est au sommet de la Gaule toute entière. Et cela signifie que les druides et les chevaliers n'occupaient que la seconde place, ce qui change tout (VI, 11).
    Trabes derectae perpetuae in longitudinem paribus intervallis distantes inter se binos pedes in solo conlocatur doit se traduire : on place sur le sol de grandes poutres droites mises bout à bout dans la longueur. Entre (deux lignes de) poutres, il y a des intervalles égaux de deux pieds, ce qui correspond à une épaisseur de mur de 60 cm augmentée de la largeur de deux poutres, soit environ 1m20. Ensuite, la traduction peut se résumer ainsi: après avoir relié, l'une à l'autre, les deux lignes de poutres à l'intérieur du mur, on bourre, entre elles, du tout venant et en façade, on dresse un parement de grosses pierres que l'on cimente. Puis, on élève un deuxième rang semblable, et ainsi de suite (VII, 23). Telle est la vraie description que donne César des murus gallicus. Cela ne correspond en rien à la reconstitution de la porte du Rebout que les archéologues ont tenté de faire au mont Beuvray.
    Fit...ex castris Gallorum fuga doit se traduire elle se fit, la fuite des Gaulois, hors des camps romains mentionnés par César dans un paragraphe précédent et non hors des camps gaulois, ce qui rend absurde le déroulement de la bataille d'Alésia, telle qu'on l'explique encore aujourd'hui (VII, 88).



 

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