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Vercingétorix dénigré par le Collège de France Version imprimable E-mail
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Vercingétorix dénigré par le Collège de France
La reddition de Vercingétorix
Réfutation de la traduction des Commentaires de César par L.-A. Constans
Réfutation du Vercingétorix de M. Christian Goudineau
 

 

 

Réfutation du Vercingétorix de M. Christian Goudineau

I - Avant-propos

Page 13, ligne 10. A l'appel de chefs éduens, César poursuit les Helvètes. César ne dit pas textuellement qu'il s'agit de chefs éduens. L'interprétation qu'on donne de ce passage n'est pas bonne. Les Eduens qui se plaignent du passage des Helvètes habitent en Bresse. Il ne s'agit, en aucun cas, des chefs éduens de Bibracte, lesquels sont sous la dépendance du chef éduen Dumnorix, l'allié des Helvètes. Cette erreur d'interprétation est très grave, car elle a fondé la thèse de peuples gaulois divisés, incapables de régler leurs problèmes entre eux, et l'idée complètement fausse d'une traîtrise éduenne et d'une migration helvète sauvage.

II - Naissance, vie et crépuscule d'un mythe : Vercingétorix, le héros

Pages 17 à 195. L'idée directrice de M. Christian Goudineau est de montrer que c'est le XIXème siècle qui, pour des motifs plus ou moins avouables, a fait de Vercingétorix un héros. En tant qu'historien de la Gaule, je ne puis être d'accord sur le fait qu'on fasse intervenir ainsi dans le débat des appréciations politiques concernant une époque qui n'a rien à voir avec celle de Vercingétorix. Je ne ferai donc pas de commentaires.

III - Les textes antiques

Page 212, ligne 22. D'après Plutarque, les hommes et les femmes d'Alésia aperçoivent de l'autre côté (des retranchements) l'immense quantité de boucliers d'or et d'argent, de cuirasses souillées de sang... que les Romains ramènent dans leur camp. Voilà qui confirme ma traduction du texte de César, à savoir que les Gaulois du reste de l'armée de secours ne se sont pas enfuis honteusement sans combattre - erreur historique monumentale qui a jeté sur eux un voile de mépris - mais qu'ils ont bien attaqué le retranchement extérieur romain de la plaine des Laumes avec autant de bravoure que les autres.
Page 212, dernières lignes. L'imagination de Plutarque se donne libre cours. Pourquoi refuser ce témoignage important qui nous confirme la riche ornementation de l'armement gaulois comparée à la rusticité de l'armement romain et qui explique pourquoi les archéologues n'ont pu retrouver dans leurs fouilles d'Alise-Sainte-Reine que des objets sans valeur, les plus beaux étant partis dans le butin?
Page 216, ligne 17. D'après Florus, César rase par le feu Alésia. Pourquoi dire à la dernière ligne que Florus se trompe? En effet, c'est bien parce que César a brûlé la ville qu'on peut en voir aujourd'hui, sur le plateau, les fondations  - non pas gallo-romaines comme l'affirment les archéologues mais gauloises.
Page 218, ligne 22. Polyen. Je ne le cite que par conscience professionnelle, car il n'a guère d'importance pour notre propos. Grave erreur! Alors que César nous donne une explication de la bataille de Gergovie, pour ainsi dire sur plan, Polyen nous en donne une description visuelle depuis la colline de La Roche-Blanche. Cette description de la position de Gergovie confirme celle de César; il ne s'agit pas du plateau de Merdogne, comme le croit M. Christian Goudineau, mais de la montagne du Crest.
Page 218, ligne 34. D'après Polyen, César aurait profité du brouillard pour attaquer les Helvètes. M. Christian Goudineau ne prend pas au sérieux cette information sous prétexte que César n'en parle pas dans ses Commentaires. Il s'agit probablement de l'attaque romaine sur les pagus helvètes qui n'avaient pas encore franchi la Saône. Cela confirme l'interprétation que j'ai faite dans mon deuxième ouvrage mais modifie un peu ma traduction, à savoir que si les Romains ont bien attaqué des pagus pacifiques en train de démonter leurs tentes dans les premières lueurs du jour, il faut ajouter: dans le brouillard du matin... si fréquent des bords de Saône. Polyen nous confirme par ailleurs les graves accusations de Divicon qui reprochait à César d'utiliser davantage les ruses que le combat loyal.
Page 221, ligne 20. D'après Dion Cassius, Vercingétorix était très haut de taille et avait l'air terrible sous les armes. C'est ce que dit également Florus. Je ne comprends pas pourquoi on mettrait en doute ce double témoignage (page 282, ligne 22). Il est probable que le mythe d'Hercule fort et grand, fondateur d'Alésia et autres lieux, était encore très présent dans l'imaginaire de cette époque et je remarque que le chef de guerre celte enterré à Hochdorf était de grande taille.
Page 222, ligne 26. D'après Dion Cassius, César reproche sa trahison à Vercingétorix qui se rend, mettant en opposition sa rébellion (la rébellion de Vercingétorix) à son amitié (l'amitié de César).  A partir de là, M. Christian Goudineau développe toute une série d'hypothèses, à savoir que si Vercingétorix était «en amitié avec César », c'est parce qu'il faisait partie de son entourage guerrier au début de la guerre des Gaules, partageant même sa tente (page 280, ligne 29), jusqu'au moment où il aurait changé de camp, véritable trahison. Cette série d'hypothèses ne repose sur aucun fondement. Certes, le texte de Dion Cassius peut laisser supposer que César refuse sa pitié à un ancien ami. Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut comprendre; dans une scène aussi médiatique que fut la reddition de Vercingétorix, César ne se serait jamais abaissé à un mesquin règlement de compte personnel. En réalité, l'amitié de César, c'est l'amitié de Rome, c'est l'alliance que la cité de Rome a conclue avec la cité arverne après la défaite de Bituit en 121 av. J.C., c'est l'alliance que la médaille de Celtillos/Rixtillos a confirmée dans la représentation, côte à côte, de la louve romaine et de la salamandre arverne. La rébellion de Vercingétorix, c'est la rébellion de la cité arverne, c'est la rupture d'un contrat d'honneur que Rome ne peut absoudre sous peine de créer un précédent. En traduisant le mot latin "amitia" par amitié, M. Goudineau fait un faux-sens; la bonne traduction est "alliance". La reddition de Vercingétorix s'est donc bien passée comme César le relate - simple et grandiose - et non dans la nullité et la platitude (page 328, ligne 18). Les armes gauloises ont bien été jetées aux pieds du vainqueur.
Page 227, ligne 3. D'après Orose, Vercingétorix déclare que c'est lui qui a pris la grave responsabilité de rompre le pacte avec les Romains. M. Christian Goudineau met en doute ce témoignage. Il n'a pas compris que cela confirmait le texte de Dion Cassius, comme je viens de l'expliquer.
Page 230, ligne 8. Tel est le dossier des textes antiques... Au regard d'autres ennemis de Rome, Vercingétorix fait piètre figure. Il n'a pas de personnalité, il ne joue aucun rôle... Evidence douloureuse pour notre amour-propre: la guerre des Gaules n'a pas laissé un souvenir impérissable. Telle est la thèse de M. Christian Goudineau, un jugement surprenant, qui va à l'encontre des textes qu'il vient pourtant de citer.

IV - Les données de l'archéologie

Page 236, ligne 23. D'après Brigitte Fischer, les visages représentés sur les monnaies de Vercingétorix seraient tous différents, ce qui signifierait qu'il ne s'agirait pas du chef arverne mais d'une figure d'Apollon. Il s'agit là d'une hypothèse inacceptable. Elle va à l'encontre de tout ce qu'on peut lire sur les médailles gauloises et romaines! Les médailles des pages 234 et 235 montrent bel et bien le même profil. Et la mention du nom indique très clairement qu'il s'agit du chef arverne. Et puis, que je sache, les Arvernes n'ont pas appelé la Gaule au soulèvement au nom d'Apollon.
Page 238, ligne 11. A question abrupte, réponse abrupte : la Gaule, ça n'est rien, ça n'existe pas. Surprenant! Ainsi donc, un des rares pays au monde de cette époque - bien délimité par des frontières naturelles - où existe un certain sens de la confédération - la Gaule - ça n'existerait pas! Alors que César met Rome au centre de son discours, alors que les Gaulois y mettent la Gaule au centre du leur, la Gaule, ça ne serait rien! Suit une longue et contestable digression sur la naissance des peuplades gauloises.
Page 243, ligne 26. Il (Vercingétorix) devait donc y avoir une maison (sur le plateau de Merdogne, Gergovie de Christian Goudineau)... Je la vois, bien sûr - en matériaux périssables (terre et bois)... tapis... peaux. Il avait sans doute une autre résidence ou d'autres résidences. Les vieux mythes ont la vie dure: Romains civilisés, Gaulois barbares incapables d'élever des murs maçonnés au mortier de chaux! Etonnant paradoxe, M. Christian Goudineau se demande si les  «aedificia » mentionnés par César n'étaient pas des espèces de châteaux-forts ou de mottes féodales avant la lettre (alors que ce ne sont que des fermes), et il se refuse toujours à accepter la description que fait César de la ville très fortifiée, voire imprenable, de Gergovie (Le Crest et non Merdogne).
Page 245, ligne 31. Vous allez en Bavière, vous visitez l'oppidum de Manching, vous vous croyez à Bibracte (le mont Beuvray). Evidemment, puisque le mont Beuvray est, en réalité, le site de Gorgobina, oppidum-camp occupé successivement par les Suèves et les Boïens, peuplades originaires du Centre-Europe. Bien différent est l'oppidum de la véritable Bibracte (le Mont-Saint-Vincent), forteresse élevée à la façon des Phéniciens ou des Grecs.
Page 247, ligne 28. D'après Vincent Guichard, on peut soupçonner les sources d'exagérer la réalité (l'ancienne puissance arverne du Rhin aux Pyrénées mentionnée par Strabon). Des centaines de milliers de guerriers, des rois démontrant un faste extravagant, etc... M. Vincent Guichard est dans la ligne minimaliste et anti-nationaliste de M. Goudineau. Il s'agit, pour eux, de corriger les textes d'après une vision archéologique qu'ils croient bonne mais qui ne l'est pas.
Page 250, ligne 40. Vincent Guichard : «Je ne sais pas (où se trouvait la capitale des Arvernes durant les périodes de la monarchie) je me demande même si existait une capitale. Page 251, ligne 5... s'édifie ce que les archéologues appellent oppidum... agglomération étendue, fortifiée... Gergovie ? Absolument pas! Apparaît un oppidum sur le plateau de Corrent. » Incroyable! La ville et l'oppidum de Gergovie n'existent plus que dans les textes! Suit tout un développement d'hypothèses gratuites sur des mouvements de populations.
Page 263. Dessin de M. André Rapin, Président de l'Institut de restauration et de Recherches archéologiques et paléométallurgique, représentant un Vercingétorix coiffé d'un casque à protège-joues, le corps revêtu de cotte de mailles. Cette image qu'on pourrait qualifier de pré-médiévale est bien différente de la représentation traditionnelle. Je ne formulerai pas d'objection majeure bien que je trouve l'ensemble beaucoup trop pauvre.
Page 277. Dans ce chapitre, M. Christian Goudineau s'essaie dans une laborieuse tentative de biographie de Vercingétorix.
Page 296, dernières lignes. Ce type d'arguments (Bourges, la plus belle ville ou peu s'en faut de la Gaule) pourrait s'appliquer à Athènes, Syracuse ou Rome... mais il laisse sceptique dans ce cas précis (pour Bourges). Ce témoignage capital de César dérange, on l'a écarté, tragique malentendu! Les murailles gauloises, toujours debout, seront attribuées aux Gallo-romains, les colonnes sculptées, les bains, les fontaines antiques aux Romains.
Page 304, ligne 34. Aux yeux de Vercingétorix, Gergovie constitue-t-elle une victoire? Sa manœuvre n'a pas réussi. César a compris et évité le traquenard.  Comment peut-on écrire que Gergovie n'est pas une victoire gauloise alors que César reconnaît la perte de 700 légionnaires et 46 centurions?
 

    Enfin, comment peut-on se présenter comme l'héritier de Camille Jullian alors que l'on démolit le Vercingétorix auquel il a cru (pages 329 à 331)?
   

 

Note

 

Que l'on soit de souche, immigré de longue ou de fraîche date, un certain nombre de nos concitoyens se sont posé ou se poseront un jour des questions sur l'histoire antique de notre pays comme cela se fait dans n'importe quel autre pays du monde.     Dans cette optique, l'évocation de ceux qui nous ont précédés répond à une aspiration à la fois légitime, saine et bien préférable à la formule maladroite mais toujours employée par les médias: nos ancêtres, les Gaulois.     En outre, le plus élémentaire bon sens voudrait que l'on évite de tomber dans le piège qui consiste à fantasmer sur cette époque lointaine en opposant les pro-gaulois aux pro-romains, les nationalistes aux anti-nationalistes et les pro-européens aux anti-européens.     Que ce soit du côté de César (DBG VI, 34) ou de Vercingétorix (DBG VII, 64), depopulare les territoires des cités ennemies, véritables holocaustes, appartient à une époque qui, espérons-le, ne reviendra plus. Ceci dit, cet aspect difficile des débuts de notre histoire - qu'en général on occulte - ne doit pas, toutefois, gâter l'étude des motivations, souvent nobles, parfois contradictoires, des hommes de cette époque, ni l'étude passionnante de la naissance et de l'évolution de la société dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
Rares sont les pays qui ont la chance de bénéficier - grâce à César - d'autant de renseignements précis que la Gaule. Voilà pourquoi le fait de comprendre et d'enseigner les origines de notre histoire a aussi pour conséquence et intérêt, de permettre à d'autres pays de mieux comprendre la leur. L'histoire antique de la Gaule en effet, avec son volet qu'est l'archéologie, est, dans l'histoire de l'humanité, une tranche qui permet de mieux la comprendre, à un moment donné et dans son évolution.

 

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