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Vercingétorix face à César : la bataille de cavalerie Version imprimable E-mail
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Index de l'article
Une thèse contestable
Vercingétorix ne venait pas de Bibracte
Un choc de titans dans un terrain valloné

 

 

 

Vercingétorix engage toute sa cavalerie.
C'est un échec. Il se replie sur Alésia.
Cela s'est passé en Bourgogne, mais où ?

 

Au moment où l'Etat et les collectivités locales engagent d'importantes dépenses dans un grand projet de parc archéologique sur le site d'Alise-Sainte-Reine, Emile Mourey, latiniste, auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire de la Gaule, s'étonne que les responsables de l'opération ne se soient pas souciés - avant toutes choses - de vérifier la traduction des textes anciens. Il s'élève avec force contre ceux qui, en s'appuyant sur des interprétations erronées, défigurent, dénigrent, minimisent ou récusent tout ce que ce site évoque dans notre histoire. Dans le présent article, et pour la première fois dans la presse, il nous démontre que le lieu mythique où Vercingétorix appela tous les peuples gaulois à le rejoindre était déjà Alésia, et il nous explique ce que fut le formidable combat de cavalerie qui précéda cette funeste bataille où sombra notre indépendance. 

Une thèse officielle contestable

Dans le numéro hors série de L'archéologue consacré à Bibracte, Gergovie et Alésia, intitulé "L'année terrible", M. Christian Goudineau, professeur au Collège de France, développe avec son équipe ce qu'il faut bien appeler les thèses officielles.

Ces thèses officielles, je les conteste depuis déjà un certain temps, notamment dans les ouvrages que j'ai publiés. Dans Le Bien public des dimanche 10 juin,12 et 26 août 2001, j'ai expliqué comment la logique militaire, une bonne traduction du texte latin et une meilleure interprétation des vestiges archéologiques pouvaient nous amener à mieux comprendre Vercingétorix et le sens de son action. Le but de la présente étude est de localiser et d'expliquer cette fameuse bataille où Vercingétorix engagea toute la cavalerie gauloise contre les Romains et qui, contre toute attente, se transforma en une véritable déroute.

M. Goudineau cautionne la thèse du commandant Soulhol qui situe le lieu de la bataille à Fains-les-Moutiers, à 20 km est/nord-est d'Alise-Sainte-Reine à vol d'oiseau. Il suit la traduction de 1926 du professeur Constans qui dit que le lendemain de cette bataille, César campa devant Alésia. Dans cette hypothèse, en supposant que la bataille ait eu lieu dans la matinée, en supposant que les Romains aient poursuivi l'arrière-garde gauloise durant tout l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit - dixit César - tuant trois mille Gaulois, il faudrait également supposer qu'il n'a pas "poussé" jusqu'à Alésia le soir même alors qu'il n'avait que quelque vingt kilomètres à faire et que la poursuite ne pouvait être que très rapide. Difficile à admettre, mais enfin, cela pourrait être, à la rigueur, plausible... à condition toutefois que le professeur Constans ne se soit pas trompé en traduisant les Commentaires.

Il est là, le hic; le professeur Constans a commis une erreur de traduction fondamentale. Altero die ne doit pas se traduire par le lendemain, mais par le surlendemain. Pour indiquer le lendemain, César utilise parfois "postridie" mais surtout l'expression "postero die": le jour après "le jour d'hui" ( DBG I, 23, IV, 38, V, 10, 17, 52, VII, 18, 26, 27, 29, 41, 52, 53, 67, 79, 89). D'autres auteurs utilisent l'expression "proximo die": le jour le plus proche après aujourd'hui. Tout cela pour dire que pour décompter les jours, la logique du latin est différente de la nôtre; pour nous, le premier jour est aujourd'hui, pour le latin, c'est le jour après aujourd'hui. Mais pourquoi diable César a-il désigné ce surlendemain par altero die? La réponse est simple: "Alter...alter" est une expression courante pour dire "l'un...l'autre", autrement dit "le premier... le second". L'usage n'a retenu que le sens de second. Il existe un texte de Cicéron qui ne laisse planer aucun doute: "proximo, altero, tertio, reliquis consecutis diebus (Phil., I, 32)", ce qui se traduit ainsi: le jour qui vient immédiatement après aujourd'hui, c'est-à-dire le lendemain (proximo), le second jour après aujourd'hui, c'est-à-dire le surlendemain (altero), le troisième jour après aujourd'hui (tertio), et tous les autres jours qui ont suivi. Et il y a aussi un autre passage des Commentaires (VII, 11) où il est écrit que partant de Sens (Agedincum), César arriva à Vellanodunum (Château-Landon)... altero die ; sachant que d'après Végève, les légions parcouraient 30 km par jour, la distance d'environ 45 km qui sépare ces deux localités n'a pu être parcourue en un jour mais en deux. César, là aussi, n'était donc pas arrivé le lendemain à Château-Landon mais le surlendemain... altero die. De ma nouvelle interprétation, il s'ensuit, qu'après la décision de Vercingétorix de se replier sur Alésia, César l'a, premièrement, poursuivi jusqu'à la tombée de la nuit, deuxièmement, a marché le lendemain, et troisièmement, a encore marché le surlendemain avant d'arriver au pied du mont Auxois, ce qui fait une demi-journée + un jour + une demi-journée de marche, soit deux jours, soit environ 60 km. Ancien officier d'infanterie, je pense que le chiffre de Végève est un peu fort; 25 kilomètres par jour me paraît plus réaliste. C'est donc à 50 km avant Alise-Sainte-Reine, qu'il faut rechercher le lieu de la bataille et non à 20 km comme le pense M. Goudineau.

César n'est pas parti de Sens mais d'Auxerre

De quel oppidum senon César est-il parti? M. Goudineau pense qu'il s'agit de Sens. Après son échec de Gergovie, César, après avoir contourné le pays éduen par le nord, y aurait regroupé ses forces avec celles de son lieutenant Labiénus dont c'était la base arrière. Il s'agit, là aussi, d'une mauvaise interprétation du texte latin. Car, s'il est écrit en effet dans les Commentaires que Labiénusavait installé ses bagages à Sens (Agedincum), s'il est bien écrit qu'après son raid sur Lutèce, il y est redescendu, il est toutefois précisé que de là (inde), il est parti et arrivé (pervenit) jusqu'à César, avec toutes ses troupes. Ce n'est pas César qui a rejoint Labiénus, c'est Labiénus qui, quittant Sens, a rejoint César.

César attendait Labiénus mais où? Au sud de Sens, évidemment. L'oppidum senon bien connu d'Auxerre s'impose sur l'itinéraire qu'il a logiquement suivi. C'est l'oppidum le plus au sud du pays senon. On ne voit pas, d'ailleurs, pourquoi le général romain aurait imposé à ses légionnaires une montée inutile vers Sens (de tous temps, les fantassins n'apprécient guère les chefs qui leur font faire des kilomètres supplémentaires pour rien). En outre, il était important pour lui de s'emparer du pont sur l'Yonne avant que Vercingétorix ne le détruise. 

Les Senons d'Auxerre pouvaient-ils fermer leurs portes aux Romains? Ce serait oublier le principe de base de la stratégie césarienne; Labiénus, venant de la ville/capitale, avait certainement pris soin de s'y "approvisionner" en otages pour pouvoir faire pression sur tous les notables de la cité. Dans ces conditions, les Senons d'Auxerre ont bien été obligés d'accorder aux Romains le gîte et le couvert. C'est là, dans l'oppidum d'Auxerre, que César a regroupé ses forces et qu'il les a remises en condition après sa défaite de Gergovie et la destruction de sa base arrière de Noviodunum. Il a même profité de cette pause pour faire venir des cavaliers germains par un chemin détourné.

César ne voulait pas atteindre Besançon mais Dijon

Les Romains partent donc d'Auxerre dans l'intention de rejoindre, par le chemin le plus court, l'axe de circulation nord-sud qui leur permettra de rejoindre la Province par la vallée de la Saône, puis du Rhône. L'objectif de César est, dans un premier temps, de rejoindre le pays des Séquanes par les territoires extrêmes des Lingons.

Itinéraire suivi par César
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Cum Caesar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret... Comme César faisait route pour aller chez les Séquanes par les frontières extrêmes des Lingons, ou mieux, comme César s'était engagé sur le chemin qui menait aux Séquanes par les frontières des Lingons...telle est la phrase sur laquelle se sont battus plusieurs générations d'Alisiens, en Bourgogne, et d'Alaisiens, en Franche-Comté, et qui fut à l'origine d'une littérature aussi abondante qu'inutile. Que de malentendus au sujet de cette phrase pourtant parfaitement claire! Les frontières du pays lingon, face à celles du pays éduen, passaient par Montbard, Alésia, Vitteaux. Que de malentendus au sujet des mots Alisiens, Mandubiens et Lingons! Habitant l'oppidum d'Alise, ils étaient Alisiens. Habitant lesdites frontières extrêmes où passait la voie dubis, ils étaient Mandubiens. Utilisant des monnaies lingonnes et vivant dans la clientèle d'une cité lingonne plus en retrait, César les considérait comme étant des Lingons. 

Cette voie que César voulait rejoindre, c'était la voie du fleuve Sequanas, alias via dubis, vallée de l'Armançon en partie, si riche en documents archéologiques, ancienne voie de l'étain que contrôlaient les Séquanes. En situant l'action chez les Séquanes, Plutarque et Dion Cassius n'avaient pas entièrement tort et leurs explications ne sont pas en contradiction avec celles des Commentaires.

Tout cela est très clair; César s'est engagé sur une voie antique dont on retrouve d'ailleurs le tracé dans la carte de Peutinger et dans celle du duché de Bourgogne de G. Delisle de 1709. Voulait-il aller jusqu'à Besançon, capitale des Séquanes? Certainement pas! Pourquoi aller si loin alors que son intention était de redescendre vers la Province? Il suffisait d'atteindre le pagus séquane le plus proche. Ce pagus séquane, ce ne pouvait être que Dijon. Trois arguments le prouvent :

1. Il est écrit dans les Commentaires (I, 31) « qu'Arioviste avait occupé la troisième partie du territoire des Séquanes. Celle-ci était la plus fertile de la Gaule.» Cette troisième partie étant l'Alsace à l'est, le pagus de Besançon étant la partie au centre, la partie à l'ouest, en toute logique, ne pouvait être que le pagus de Dijon.

2. En 21 après J.C., Tacite nous rapporte que les légions de Germanie ravagèrent des pagus séquanes alors que venant de la région de Metz, elles se dirigeaient vers Augustodunum pour réprimer la révolte éduenne de Sacrovir. Le chemin le plus court ne passait pas par Besançon mais par Dijon.

3. La forte proportion des monnaies séquanes retrouvées au Mont Afrique et à Malain Sombernon plaident dans ce sens.

La route que César voulait prendre
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Pour atteindre Dijon, César, partant d'Auxerre, s'apprête donc à traverser les territoires extrêmes des Lingons. Il est écrit dans les Commentaires que les Lingons, ainsi que les Rèmes, ne se sont pas rendus à la convocation de Vercingétorix parce qu'ils voulaient rester dans l'alliance romaine. Scepticisme de ma part; je pense plutôt qu'étant plus exposés que les autres peuples aux exactions romaines, ils étaient plus discrets. En fait, c'est toute la Gaule qui, à ce moment-là, était dressée contre César.

Quel est le chemin le plus court qui partant d'Auxerre, se dirige vers Dijon en passant par Alésia. La réponse est facile, il s'agit de l'actuelle départementale 956, au départ. 

Quel est l'endroit qui, sur cet itinéraire, se trouve à 50 kilomètres avant Alésia? La réponse est catégorique: La vieille ville de Noyers sur le Serein.

César part donc d'Auxerre sur le chemin qui mène à Noyers. Il marche environ pendant 25 kilomètres et établit son camp pour la nuit un peu avant Lichères-près-Aigremont, dans cette région où l'eau est présente pour le remplissage des gourdes et l'abreuvement des chevaux.



 

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